La norme électrique NF C 15-100 est souvent citée mais rarement expliquée clairement. Pourtant, connaître ses grandes lignes permet de comprendre pourquoi votre tableau électrique est organisé d’une certaine façon, et de détecter les non-conformités d’une installation ancienne avant d’acheter ou de rénover.
Ce que la norme NF C 15-100 impose dans un logement
La norme NF C 15-100, mise à jour en 2002 et amendée en 2008 et 2015, définit les règles de conception et d’installation des équipements électriques dans les locaux d’habitation. Elle n’est pas rétroactive : une installation réalisée avant 2002 n’est pas obligatoirement hors norme si elle était conforme aux règles de l’époque. En revanche, tout travaux de rénovation ou d’extension déclenche l’obligation de mise en conformité sur la partie modifiée.
Les points principaux pour un logement : chaque circuit doit être protégé par un disjoncteur calibré au bon ampérage (16A pour les circuits prises, 20A pour les circuits spécialisés type lave-linge, 32A pour une cuisinière électrique). Le tableau électrique doit comporter un interrupteur différentiel 30 mA en tête de chaque groupe de circuits (ou un différentiel général), qui coupe l’alimentation en cas de fuite de courant vers la terre — protection essentielle contre l’électrocution.

Concernant les prises, la norme impose un nombre minimum selon la surface des pièces : 5 prises minimum dans une cuisine, 1 prise tous les 4 mètres linéaires de mur dans une chambre ou un salon, toujours avec une prise de terre. Les anciennes prises 2 broches sans terre ne sont plus conformes pour les nouvelles installations. Pour les travaux de remplacement au quotidien, notre article sur le remplacement d’une prise électrique détaille les étapes accessibles au bricoleur.
Les règles spécifiques aux salles de bain
La salle de bain est la pièce la plus réglementée du logement sur le plan électrique. La norme définit quatre volumes concentriques autour du point d’eau (baignoire ou douche), avec des règles d’installation très strictes selon le volume :
- Volume 0 (intérieur de la baignoire ou du bac de douche) : aucun appareillage électrique autorisé, jamais
- Volume 1 (au-dessus du bac jusqu’à 2,25 m de hauteur) : seuls les appareils très basse tension (TBTS, 12V) sont autorisés
- Volume 2 (jusqu’à 60 cm autour du volume 1) : appareils spécialement conçus pour salle de bain uniquement (indice IP44 minimum), pas de prise de courant
- Volume 3 (jusqu’à 2,4 m du bac) : prises 2P+T autorisées avec protection différentielle 30 mA obligatoire
En dehors des volumes protégés (à plus de 60 cm de la douche ou baignoire et hors du plafond directement au-dessus), les prises normales sont autorisées sous réserve de protection différentielle. Le sèche-serviette électrique fixe doit être dans le volume 2 ou 3 et raccordé par un circuit dédié sans prise intermédiaire. Un radiateur soufflant mobile avec prise est interdit dans les volumes 0, 1 et 2, quelle que soit sa puissance.
Comment détecter les principales non-conformités dans une vieille installation ?
Dans une maison ancienne, plusieurs signaux d’alerte méritent d’être vérifiés avant tout achat ou rénovation. Des fils en aluminium (couleur argentée plutôt que cuivrée), caractéristiques des installations des années 1960-1970, sont potentiellement dangereux : l’aluminium se dilate davantage que le cuivre, ce qui crée des connexions qui se desserrent progressivement et peuvent provoquer des arcs électriques. Une mise en conformité complète s’impose dans ce cas.
L’absence de disjoncteur différentiel 30 mA est une non-conformité grave : en cas de contact avec un fil sous tension, rien ne coupe le courant avant qu’un dommage soit causé. L’ajout d’un différentiel en tête de tableau est une intervention de quelques centaines d’euros qui représente probablement le meilleur investissement sécurité qu’on puisse faire dans un logement ancien. L’absence de liaison équipotentielle dans la salle de bain (fil de terre reliant toutes les parties métalliques — tuyauterie, robinetterie, baignoire) est aussi une non-conformité fréquente dans les installations d’avant 1991.
En cas de doute sur la conformité d’une installation, un diagnostic électrique réalisé par un technicien Consuel ou par un électricien certifié Qualifelec coûte entre 100 et 200 € et produit un rapport détaillé de non-conformités. Ce diagnostic est obligatoire pour la vente d’un logement de plus de 15 ans depuis 2009, mais rien n’empêche de le faire à titre préventif pour un logement qu’on occupe déjà.

